Bien plus qu'un combo electro-funky de plus en provenance du nord de l'Europe, les Finlandais d'Op:L Bastards symbolisent deux extrêmes de cette lointaine contrée, à mi-chemin entre la hi-fi Bang & Olufs en vintage de Jimi Tenor et les clichés détournés de la rock'n'roll attitude des 22 Pisterpikko. Si le son synthétique, parfois délibérément rudimentaire, de ce disque fait effectivement penser aux premiers efforts du blond Tenor, on se dit que, dès le moment où ces gars-là choisissent d'éructer érotiquement (!!) comme le leader des Make-Up, il apparaît clair qu'ils n'ont jamais su choisir entre le robotique Nag Nag Nag de Cabaret Voltaire et le mongoloïde Gabba Gabbah Hey! des Ramones. Avec une palette aussi large et aussi peu orthodoxe, Op:L Bastards peut tout se permettre, jusqu'à revisiter les pires lieux communs de l'Eurodance la plus pouffe, démembrée par un Moog préhistorique (sur Scorpius), un exercice tellement énorme qu'il passe chez eux avec un naturel effarant. Peut-être en raison d'une vision préhistorique et caverneuse de l'exercice électronique, qui lui confère certaines affinités d'avec les troglodytes de Pan Sonic ou Martin Rev, Op:L Bastards maintient sans sourciller le cap de cette déconnade poussée à l'extrême pour réussir à lui donner un semblant de colonne vertébrale et d'unité. The Job, monolithique jusqu'à l'excellence, ne file jamais dans le délire anarchique des Moog Cookbook, ou le brouillon arty au vingt-neuvième degré d'Add N To (X). Ami paléontologue, si tu cherches à connaître l'origine des Mammouths hululant dont Alan Vega est le descendant new-yorkais, sache que c'est peut-être la Finlande.