Incroyablement insouciante et outrageusement gaie, Blossom's Falling était une des faiblesses de l'été. Une chanson pop romantique en toc, du genre Just Me And You et Lalalaa, mais digne de Boo Radleys en plus naïfs, Wedding Present amoureux ou Manic Street Preachers légèrement fleur bleue. D'ailleurs, c'était le précédent single d'Ooberman, Shorley Wall, beau comme du Beach Boys échoué dans le port de Liverpool, qui ouvrait l'an passé les concerts britanniques du trio gallois. The Magic Treehouse, premier album d'un tonitruant quintette que les spectateurs du récent concert parisien de Blur ont pu découvrir en première partie, entretient les bons sentiments et suscite l'enthousiasme. À grands renforts de Moog et autres instruments vintage, le groupe parvient pourtant à susciter un grand bol d'air frais. Dire qu'Ooberman brille d'imprudence est un euphémisme. C'est que, découvert grâce à Transcopic, le label du guitariste de Blur Graham Coxon, cette nouvelle petite troupe britonne n'a pas encore su choisir entre dingueries punk hilarantes calibrées New York Dolls ou... Sultans Of Ping F.C. (Sugar Burn, Sur La Plage, Bees) et ballades pur sucre (Amazing In Bed, Roll Me In Cotton, Roro Blue), sans oublier les délectables clins d'oeil aux 70's (la fin deMillion Suns). Ooberman, sans peur et sans reproche, achève sans faute majeure un parcours certes extrêmement balisé par une production signée Stephen Street. Bon, d'accord, il y a bien encore quelques scories, mais sachant qu'Independiente a réussi à faire de Travis, Ecossais mal dégrossis lors de leur premier album, un groupe millionnaire au suivant, l'avenir des autrement plus doués Ooberman s'annonce radieux.