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The Wedding
archive mag juin 2005
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Où sera une fois encore évoqué l'esprit du Velvet Underground, son psychédélisme urbain et ses guitares viciées. Troisième titre de The Wedding, le Spirits en question sillonne le même corridor humide que la Vénus en fourrure et ouvre vraiment les hostilités après deux morceaux en comparaison presque anecdotiques (The Eiger noyé dans les cordes et Lavender et ses boucles jouées à l'envers). Sans aller jusqu'à leur attribuer, faute de preuves, les mêmes dérives opiacées que le génial Anton Newcombe récemment révélé en salles obscures par le non moins génial Dig! , il faut reconnaître que le trio américain Oneida partage avec le leader de The Brian Jonestown Massacre ce goût prononcé pour les compositions sous influences chimiques. Leur mariage est donc la merveille attendue, entre éclectisme bariolé et rigueur d'écriture... Tour à tour pop, rock, orchestral, bruyant et plus généralement en roues libres, le vrai dérèglement des sens auquel s'astreignent Hanoi Jane, Kid Million et Bobby Matador fait plaisir à entendre. Manifestement touché par la grâce, le trio de Brooklyn a enregistré un fourre-tout cohérent, le disque parfait dont on rêvait depuis les mises en veilles (provisoires ?) d'Olivia Tremor Control et du Beta Band. Plus accessible que leurs collègues Liars et Trans Am, le triumvirat sait rendre compte de sa fragilité (le magnifique Run Through My Hair, August Morning Haze) avec la même audace que lorsqu'il s'abandonne à quelques déluges soniques (Did I Die, Heavenly Choir, The Beginning Is Nigh) et autres variations électroniques (Leaves et son chant psychotique en diable). Sorte de faux jumeau électrique d'Animal Collective, ces fils de Sonic Youth que sont Oneida confirment que le rock new-yorkais sera à jamais l'un des meilleurs au monde.
RENAUD PAULIK
article extrait de :
MAGIC RPM #91
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