A Lire

Happy New Year

archive mag septembre 2006
Soyez le premier à réagir

Rhodes et Wurlitzer sont aux claviers analogiques ce que la Fender Mustang est à la guitare électrique, instruments basiques par excellence ne souffrant aucune médiocrité. Et si l'on reconnaît souvent un artisan à ses outils, force est de reconnaître qu'Oneida le nom claque comme un cri de guerre use de ceux-là avec un talent peu commun. Punk de Brooklyn dominé par les claviers façon Vega/Rev, c'est pied au plancher que ce trio phare de la galaxie Jagjaguwar sillonne l'Autobahn de ses fantasmes les plus fous. Empruntant à Ben Chasny la mélodie indianisante de l'inaugural Distress, Oneida rappelle son attachement aux boucles psychédéliques par lesquelles on le découvrit. Happy New Year, merveilleuse pop song dérangée (entre Kraftwerk et Suicide donc), donne par la suite le ton du disque éponyme : The Adversary injecte au lyrisme d'un U2 le venin du Velvet Underground tandis que Up With People saccage les dancefloors comme jadis Primal Scream. Mais Oneida ne donne jamais dans l'inaccessible à tout prix, et des chansons telles qu'History's Great Navigators (et ses jouets comeladiens), Busy Little Bee ou Reckoning révèlent une science de l'écriture accrocheuse. Les boucles, si elles ne tournent ici jamais très rond, ne donnent jamais la nausée. On en redemande, et le retour aux Indes de You Can Never Tell ou l'addictif The Misfit revisitent certaines merveilles oubliées de Van Der Graaf Generator, pour le bonheur de tous. Disque novateur mais ne cherchant jamais à masquer ses origines, Happy New Year s'impose comme l'oeuvre majeure d'un groupe en avance sur son temps présenter ses voeux en plein été, tout de même ! avec lequel il faudra, selon la formule consacrée, désormais compter.

Renaud Paulik

magazine num 103 article extrait de :
MAGIC RPM #103


Commentaires


Vous devez être inscrit pour laisser un commentaire :



Mot de passe oublié ? - S'inscrire