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Imbécile
archive mag juin 2007
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Personnage discret de la pop française depuis une quinzaine d’années, Olivier Libaux, l’ancienne moitié du duo Les Objets, n’a cessé d’œuvrer pour les autres, accompagnateur rassurant et guitariste accompli aux côtés de Dominique Dalcan, Helena, Prudence ou encore Le Tone. Avec Marc Collin, il lança, en 2004, le concept de Nouvelle Vague, couronné d’un succès international inattendu. La sortie de L’Héroïne Au Bain (2003), premier “conte musical” qui était un croisement abouti entre Serge Gainsbourg et Jacques Demy, fut l’acte de naissance d’un auteur-compositeur atypique désireux d’insuffler un peu de dramaturgie dans sa musique. Lumineux et grave, candide et violent, ce film imaginaire et chanté tournait autour d’Helena, héroïne stagnant dans son bain en attente d’aventures inhabituelles et de frissons amoureux. Aussi original dans sa mise en scène que dans sa partition, ce petit tour de force naviguait sereinement entre pop électronique ou boisée, rock vintage et interludes en forme de valses, sans jamais flancher. Si L’Héroïne Au Bain s’apparentait au genre cinématographique, Imbécile se passerait plutôt sur la scène d’un théâtre intimiste où quatre personnages (le couple Helena et Katerine, les nouveaux JP Nataf et Barbara Carlotti) se mettent à table pour déballer leurs espoirs et leurs désillusions. Au diapason de cette ambiance feutrée, chaque interprète glisse sur des arrangements exclusivement acoustiques où se détache brillamment la guitare d’Olivier Libaux. Plus homogène mais moins fantasmatique que le précédent opus, Imbécile joue la carte de la sobriété et du retour à la réalité, réservant à chacun (mention spéciale à Nataf, l’ancien chanteur des Innocents) quelques beaux moments de lyrisme pudique et de mélancolie passagère (Ils Sont Marrants Les Gens, Je Prends L’Air Et Je Prends L’Eau). Comme le sous-entend Katerine qu’on croirait retourner à ses Mauvaises Fréquentations (1996) quand il chante sur Imbécile ou L’Amour À La Française, Olivier Libaux a mis de côté ses influences anglo-saxonnes pour revêtir ses compositions des habits classiques de la chanson d’ici. Bien qu’il manque à l’ensemble la dynamique d’une mise en scène qui préfère désormais les plans fixes aux mouvements de caméra, on est parfois touché en plein cœur par ces portraits d’hommes et de femmes désenchantés. Peut-être qu’on tient avec Olivier Libaux le futur réalisateur tant attendu de comédies musicales d’un genre nouveau.
Thomas Bartel
article extrait de :
MAGIC RPM #111
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