Ol.

Vu par Magic

Ceux Que Je Tutoie

archive mag juin 2001
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Merci Françoise. Si l'on a tendu l'oreille bien fort à ce premier disque, c'est parce que dame Hardy a décidé d'adopter une des chansons du garçon inconnu, Celui Que Tu Veux, et de la chanter en sa compagnie sur son dernier album. Olivier Ngog a l'élégance de ne pas reprendre cette composition sur son propre opus (réalisé par Benjamin Biolay) et on en lui en sait gré. Le Franco-Camerounais a têté la chanson française, le reggae, le folk, les musiques africaines, et a appris à devenir chanteur en se baladant dans l'archipel des Comores. Sa voix est très légèrement voilée mais sans menace, le propos a des prétentions philosophiques modestes (Rien N'Est À Moi Ni Personne, sur un rythme blues), une tonalité poético-heureuse ou modérément revendicative (le besoin de reconnaissance africaine de Samory Touré), épicée de quelques confessions (Mon Frère Est Un Étranger Pour Moi), les rythmes et le phrasé sont toujours cool, presque alanguis. Une transversale rapide avec Ben Harper pourrait être tracée, mais de façon beaucoup moins évidente que chez Tété. Ainsi, Julia se rapprocherait beaucoup plus de l'esprit jazz de fond de cabaret d'un Arthur H, Une Trêve s'ondoie d'une mélodie folko-orientale, Ngaya Duwaan Ya Angu s'éteint en lente mélopée arabe. Mais bien sûr, la guitare acoustique bien boisée reste le pivot. Ol. appartient plus à l'univers de la chanson qu'à celui de la pop, avec ce que cela suppose de prudence et d'aspérités gommées. On peut également s'agacer de la tendance un rien geignarde et bons sentiments de l'ensemble, mais il ne manque cependant pas de personnalité.

Philippe Richard

article extrait de :
MAGIC RPM #52


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