Okkervil River

Vu par Magic

Black Sheep Boy

archive mag avril 2005
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En hommage à la figure culte de Tim Hardin et son folk sous héroïne, le quatrième album du quatuor Okkervill River n'a pourtant rien de maladif. Plus produit qu'à l'accoutumée avec renforts de trompettes et violons, Black Sheep Boy parcourt avec une aisance certaine tout ce que la country alternative américaine sait faire de mieux : peindre la désolation des sentiments sur fond de campagne désertée, où seuls les oiseaux apportent un peu d'humanité. Des Palace Brothers il y a dix ans à Damien Jurado, des Skygreen Leopards aux Canadiens de Molasses aujourd'hui, difficile pour le leader Will Shelf de trouver sa place (et sa voix) au milieu de ces poètes allumés et indomptables. Si For Real et Black évoquent la pop gonflée de Wilco, c'est plutôt dans les recoins silencieux de In A Radio Song ou sur le déjà entendu mais superbe So Come Back, I Am Waiting qu'on pourra ressentir un frémissement, une élévation. La maîtrise technique et le désir d'expansion d'Okkervil River sont tout à fait louables, mais ce n'est pas en dopant la production de ses disques que le groupe pourra s'affranchir de la tutelle franchement écrasante du Will Oldham. Black Sheep Boy ravira donc les amoureux du travail bien ordonné qui y verront une forme de consécration, et décevra à coup sûr tous les chercheurs de folk céleste et troué.

THOMAS BARTEL

article extrait de :
MAGIC RPM #89


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