David Bramwell, autosurnommé "l'homme à la tête de pruneau", se voit sans aucun doute en fils spirituel de Robert Wyatt, tant la paternité de l'ex-Soft Machine est évidente à l'écoute de Winter Creatures, son second album sous l'appellation Oddfellows Casino. Originaire de Brighton, cet ancien collaborateur du label Shimmy Disc assume malgré tout sans rougir la comparaison, parfaitement à son aise dans ses contrées folk, ambient et jazzy. D'un lyrisme tout pastoral, Winter Creatures cache sous une extrême facilité d'écoute une virtuosité de songwriting et d'arrangements retors qui méritent que l'on s'y immerge complètement. Outre Wyatt, les tissages de guitares, cuivres, flûtes, Mellotron qu'opère Bramwell évoquent également Prefab Sprout, voire même Brian Wilson dans ses toutes dernières oeuvres. Dès lors, la présence en renfort de Simon Johns apparaît comme une évidence, le Stereolab ayant à coup sûr largement mis la main à la patte lors de l'enregistrement du disque, même s'il n'est nullement crédité comme producteur. Surtout, chaque titre plonge plus avant dans l'univers surprenant de Bramwell, entre Charles Dickens, Tod Browning et Alice Au Pays Des Merveilles, habité par la voix tendre du monsieur. Du vrai art-pop.