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Level live Wires
archive mag mars 2008
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Si
l’album séminal de cLOUDDEAD (2001) fut une révélation pour bon nombre
d’auditeurs, la lumière, aussi trouble qu’aveuglante, vint en partie d’Odd
Nosdam, membre essentiel du trio. Depuis cette date, le natif de Cincinnati
(Ohio) commande aux destinées sonores d’Anticon, s’impliquant dans la plupart
des sorties du label, et délivrant régulièrement des albums solos toujours
impeccables. Loin d’épuiser le filon amorcé par Burner (2005), Level Lives
Wires étaye un talent certain pour articuler mille et un samples autour
d’un axe spectral captivant, tantôt cotonneux et hypnotique (les beats en
caoutchouc qui épousent la complainte élévatrice de Jessica Bailiff sur Fat Hooks), tantôt chatoyant et badin
(le diptyque Kill Tone, d’abord
éclairé par une harpe discrète, puis amplifié par un piano et les phrasés
détachés de Why? et Tunde Adebimpe). Plus loin, l’impressionnant Burner fait figure de pièce centrale.
Puisant sa source dans le sample du son produit par le baquet d’une Ford
Explorer en feu, on y entend le tintement continu d’un klaxon abandonné à
son triste sort, qui s’étire encore et encore pendant que se sécrètent autour
de lui moult bruissements et autres textures insondables, jusqu’à
l’intervention astrale de Chris Adams (Hood). Du trip-hop à l’égout, du hip-hop
souillé par des élucubrations noisy, un bel étalage qui pointe la différence
entre Odd Nosdam et les autres. Là où beaucoup multiplient les bonnes idées
instrumentales sans jamais leur rendre justice sur la longueur, Odd Nosdam
parvient à insuffler au malstrom de sonorités qu’il déploie un semblant d’âme
appréciable. Bref, là où Sole a récemment déçu avec le dernier épisode de
Mansbesfriend, Odd Nosdam triomphe.
AnnA Lester
article extrait de :
MAGIC RPM #113
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