La voix
démente et nasillarde de hobo, le violon paniqué, le banjo agité, la guitare
alarmée, la batterie énervée. Oui, O’Death est bien un de ces groupes
new-yorkais engagés dans la mouvance gipsy punk en plein développement. Il a
pour lui de ne pas avoir pris le train en marche (déjà le troisième album),
mais il y a toujours quelque chose d’un peu forcé et suspect
(inquiétant ?) dans cette obsession à simuler un plouc band psychopathe au
cerveau cramé par les émanations de la gigantesque usine d’engrais qui jouxte
le hameau. Ce qui n’empêche pas Greg Jamie, Gabe Darling et leurs trois
acolytes d’accoucher de très bons titres : Home, l’une des rares ballades, où la voix apaisée de Jamie ressemble
étonnamment à celle de Neil Young, ou encore l’excité Lowtide, placé en
ouverture. Renonçant à une production aussi léchée que celle du précédent Head Home (2007), O’Death a enregistré
son nouveau disque quasiment en live (d’où une voix un peu brumeuse) pour
retrouver l’énergie de performances scéniques qui restent d’évidence le point
fort du groupe. Ce n’était pas forcément le bon choix.