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Late Night Tales de Nouvelle Vague

chronique d'album
Avertissement : ceux qui connaissent exclusivement l'insigne Marc Colin par le biais de son projet à (vieux) succès, Nouvelle Vague, imaginé avec le précieux Olivier Libaux, risquent d'être surpris. D'autant plus s'ils pensent que l'homme ne profite de cette invitation à échafauder la sélection du dix-septième volume de la série Late Night Tales pour divulguer les versions originales des chansons les moins connues qu'il a reprises sur les deux albums de sa formation aux multiples interprètes et visages. Ici, peu de traces de cette new-wave des années 80 que le garçon a reliftée après l'avoir côtoyée dans son adolescence, même si Tones On Tail deux dissidents de Bauhaus donne quelques jolis frissons sur l'inquiétant Movement Of Fear. Car nous voilà plutôt confrontés à un florilège de (presque) toutes les obsessions musicales du garçon. À commencer par sa passion dévorante pour les chanteuses, quels que soient leur registre, leur style, leur époque. Du cajoleur And I Love Him de la superbe Shirley Horn au prenant Lonely Girl de la blonde Julie London, en passant par les caresses de Cibelle ou les griffures d'Anja Garbarek, il ne rate pas cette belle occasion pour exhumer l'une de ses nombreuses productions, Les Pétroleuses, passée trop inaperçue en 2003. Et cette berceuse mutante et envoûtante intitulée Nicole, personnifiée par Camille, de faire regretter que cette dernière ne se frotte pas plus fréquemment aux plaisirs de la langue de Shakespeare. Un autre de ses compagnons de jeu, Avril, perd l'auditeur dans une Urban Serenade quand David Sylvian (on note avec amusement que ses anciens concitoyens de Air aient, eux, choisi Japan dans le cadre de cette même collection), ce crooner sans couronne, l'invite à une promenade mystérieuse le temps d'un Fire In A Forest crépusculaire. Entre excursions avant-gardistes (Gavin Bryars, les iconoclastes Art Bears), orphelins des années 80 (les géniaux Pale Foutains, Isabelle Antena) ou icônes des 60's (Os Mutantes, Glen Campbell), Nouvelle Vague et son mentor permettent ainsi à nombre de ses adeptes d'élargir leurs horizons musicaux. Et offrent à tous les autres la possibilité de (re)découvrir San Francisco Is A Lonely Town, noble complainte noctambule signée Charlie Rich, résumant, en quelque trois minutes, toute l'oeuvre de l'estimable Richard Hawley. Rien que pour cette chanson, on ne conseillera jamais assez l'acquisition d'une compilation qui rendra vos nuits encore plus belles que vos jours.
Christophe Basterra
MAGIC RPM  #107


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