Quel que soit l’indéniable talent de ceux qui s’y livrent, l’exercice de style rétro exclusivement consacré à l’art de la reprise comporte des limites évidentes. Et si le premier épisode de Nouvelle Vague (2004) possédait un charme certain, entre nostalgie et plaisir de la redécouverte décalée, le deuxième volume, Bande À Part (2006), n’était pas parvenu à susciter un très grand intérêt. Tant et si bien que l’on commençait à penser que seule une ultime cover des Smiths manquait au répertoire du groupe pour clore définitivement l’affaire : That Joke Isn’t Funny Anymore ! Victimes consentantes du succès de leur créature, Marc Collin et Olivier Libaux reprennent donc du service pour une troisième plongée consécutive dans les charts des années 80. Et, afin de renouveler quelque peu les règles qu’ils se sont eux-mêmes imposées, ils poussent cette fois un cran plus loin le jeu de miroirs kaléidoscopique de l’hommage en invitant certains des acteurs de l’époque à collaborer à la transposition de leurs propres œuvres. Ce détail cocasse contribue à redonner un certain lustre à ce troisième épisode, globalement caractérisé par des arrangements plus folk : si la contribution vocale de Martin Gore à la version très morriconienne de Master And Servant demeure assez discrète, les duos superbes entre Ian McCulloch et Mélanie Pain (All My Colors), puis entre Barry Adamson et Nadeah Miranda (Parade) jouent à merveille des contrastes entre ombre et lumière, dont Lee Hazlewood et Nancy Sinatra étaient autrefois coutumiers. Surtout, lorsque Terry Hall vient vocalement étreindre Marina Céleste pour une langoureuse relecture de Our Lips Are Sealed, on oublie définitivement les scories plus anecdotiques qui émaillent 3 pour mieux se concentrer sur ces réussites essentielles qui, à elles seules, justifient cet éternel retour.