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Des Visages, Des Figures de Noir Désir

chronique d'album
Des visages, Noir Désir en a croisés un bon nombre depuis 666667 Club (1996) : le furieux saxophoniste hongrois Akosh Szelevényi (sur les disques duquel Bertrand Cantat chante régulièrement) ou Brigitte Fontaine (avec laquelle le groupe a repris Baby Boum Boum sur la dernière parution de la dame, Kékéland). Ces deux-là ne nourrissent pourtant qu'un seul morceau de ce nouvel album, L'Europe, vingt-cinq minutes qui sont un bon résumé en studio de leur performance scénique. Des figures,le groupe aurait pu par contre en adopter d'autres que celles qu'il a largement épuisé. Ces morceaux électriques et bouillonnants (à la manière de Tostaky ou Du Ciment Sous Les Plaines), ces morceaux désossés où ne subsistent qu'une ligne de basse ou qu'un riff de guitare acoustique (à la manière de Elle Va Où Elle Veut ou Septembre, En Attendant) sont encore à l'honneur sur ce sixième album. Leur répétition sonne au mieux comme une redite, au pire comme une caricature, tant la production, contractuelle mais jamais transcendante de Jean Lamoot (Fantaisie Militaire de Bashung) et Nick Sansamo (Sonic Youth), ne renouvelle pas l'exercice. Quant aux textes de Bertrand Cantat, ils ne retrouvent pas le sarcasme cinglant d'Alice, de L'Homme Pressé ou d'Un Jour EnFrance. Le chanteur brode parfois sur une veine plus naïve, seulement réussie sur le single Le Vent Nous Emportera ou quand sa voix choisit de feuler tel un Patrick Juvet sur L'Appartement, le meilleur morceau du disque. En s'éparpillant sans vraiment proposer de formes inédites, le groupe donne l'impression d'un relâchement inhabituel. À trop paraître désinvolte... on se risquerait à n'avoir l'air de rien.
Julien Welter
MAGIC RPM  #54
article extrait de :
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