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C’est grâce au flair irréfutable de Mike Simonetti et son label d’excellence Italians Do It Better qu’on fut mis sur la piste de Nite Jewel avec la sortie du maxi What Did He Say (2008), exquise mise en bouche de disco sous tranxènes enregistré dans la solitude d’une salle de bain en pagaille. Ramona Gonzales s’abreuve à la source d’une Euro pop 80’s à la limite du bon goût, mais elle trouve le moyen de la pervertir de l’intérieur, de la détourner de sa superficialité mélodique en la salissant de multiples couches de synthétiseur bas de gamme, de notes inattendues. Sa voix pure et céleste, capable d’envolées à la Kate Bush, se brouille dans un écho qui semble revenir de loin, appuyant en douceur sur une fibre nostalgique tout en se projetant dans un futur qu’on imagine à la fois hédoniste et glacial. Premier album idéal qui pose les bases d’une pop lo-fi irrésistible et transcendantale, Good Evening révèle des failles magnifiques dans un style musical plus connu pour son lissage des formes et son absence de fond. Tout le contraire de Weak For Me, Artificial Intelligence et Let’s Go (The Two Of Us Together), trois titres à la beauté somnambulique où l’on danse les jambes en coton et le cœur serré par on ne sait quelle indicible tristesse. Habituée des clubs de Los Angeles et récemment rejointe par l’artiste multimédia Emily Jane, notre étudiante en philosophie jouit d’une hype locale qui ne devrait pas tarder à gagner du terrain. Après la révélation Telepathe, c’est au tour de Nite Jewel de postuler au rang de duo féminin le plus secret et exaltant de l’année.
Thomas Bartel
MAGIC RPM  #131


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