Nine Inch Nails
Vu par Magic
The Fragile
archive mag octobre 1999
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Nine Inch Nails n'a pas d'équivalent. Après avoir ouvert son cerveau pour se confesser dans ses précédents albums, Trent Reznor tranche ses nerfs au scalpel à la manière des serial killers dont il vénère les morbides inspirations. Le résultat ? Un double album, The Fragile, où la musique demeure profondément synthétique et électronique, mais les riffs surpassent les beats. The Fragile est un disque sombre et sobre dans sa forme, introspectif et oppressant. Trent Reznor se replonge dans l'indus, mais on oublie vite que les ordinateurs et autres sampleurs sont programmés par des êtres humains, donc vulnérables, tant ils projettent une impression de puissance destructrice. NIN, animé par le fragile et instable Trent Reznor, a rejeté le culte de toute puissance, pour composer et écrire avec finesse, opposant ainsi l'âpreté d'ambiances mécaniques à ses paroles sensibles. Alors, le romantisme se teinte de bruitisme et les compositions respirent l'urgence. Trent crée, tel un Perry Farrell ou un Al Jourgensen décérébrés, comme on ne l'avait jamais fait, en vingt-trois morceaux éphémères, d'un éclectisme rare, baignant dans un mystère épais et une violence omniprésente.
Loïc Bérenguier
article extrait de :
MAGIC RPM #34
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