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And All That You Could Have Been

archive mag mars 2002
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En termes de mode et de marketing, Nine Inch Nails est une exception. Trent Reznor n'a en effet pas caressé les 90's dans le sens du poil : son premier single (Head Like A Hole) est un hymne à l'"electro body music" et à New Order. Son obsession pour Joy Division le conduit davantage sur les traces de Front 242, Suicide, Throbbing Gristle ou Gang Of Four que celles de Ministry ou Skinny Puppy. Malgré le décalage avec ses contemporains (Seattle et les chemises en flanelle), NIN parvient à sculpter, avec Downward Spiral, un pilier majeur du rock américain, assez fédérateur et subtil pour intéresser autant les auditeurs de MTV que Bowie et Lynch. Encore maintenant, Trent Reznor cultive l'art du contre-pied : en plein revival 80's, il laisse les boursouflures gothiques grotesques et bouffonnes à un Marilyn Manson qu'il a lui-même créées comme pour se délivrer d'une image devenue obsolète. The Fragile, le dernier Lp en date, reste celui de la maturité : les audaces soniques ne sont pas totalement proscrites, mais ce sont les chansons, dans le sens pop du terme, qui ont le premier rôle. Le disque live qui sort aujourd'hui réunit une jolie collection de tubes, et fait cohabiter chacune des facettes de NIN. Reznor relance donc une machine énorme, vicieuse et sensuelle, lyrique et intimiste, qu'il pousse jusqu'à la surchauffe, jouant avec ses propres limites. La scène est le dernier lieu où le cynisme et le nihilisme de NIN ont encore droit de cité, son mentor ayant décidé de ne plus utiliser la musique à des fins thérapeutiques. Que les fans en profitent.

Sylvain Collin

magazine num 59 article extrait de :
MAGIC RPM #59


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