The end. La fin. El fín. Bye bye. Adieu. Adios. Bien sûr, ce double Dvd
ne sera sans doute pas l’ultime réalisation de New Order. Dans deux,
cinq, dix ans, il y aura un énième best of, des chutes de studio, des
images inédites. Un long-métrage, peut-être ? Sourire. Mais bon, quand
même. En guise de point presque final, on aurait souhaité autre chose
que ce concert millimétré où le quatuor – avec Gillian, c’était mieux –
récite à l’envi ses gammes. Sans trop de fausses notes. Et sans même,
sacré Barney, utiliser de prompteur. En jouant, heureusement, presque
tous ses classiques – les gars, Paradise, Dream Attack et 1963, c’est
pour les chiens ?!? –, mais en interprétant aussi trop de morceaux de
Joy Division – New Order, le groupe, merde ! Des interviews qui
émaillent la prestation, on n’apprend pas grand-chose : Hooky aime les
concerts, Nanard préfère le studio. Hooky aime les morceaux rock.
Nanard, les titres electro. Et Stephen est au milieu. Le pauvre. Lui
qui tient la baraque depuis le début. Alors, on passe au second Dvd où
sont compilées de rares images montrant à quel point le temps qui passe
est impitoyable – plus physiquement que musicalement. Et on prend en
pleine poire la version hésitante (ânonnée en yaourt,) de Ceremony, les
pitreries de la joyeuse bande (le regretté Rob Gretton inclus) à
Glastonbury en 1981, la version vénéneuse de Leave Me Alone à Cork,
deux ans plus tard. La silhouette galbée de Gillian dans la pénombre
s’affairant à la guitare. Les évolutions capillaires de Peter. Les
chemises impeccables — retroussées, les manches – et les shorts
improbables de Bernard – des shorts, quoi ! Tristes sires, New Order ?
Rires. Il faut voir et entendre Sumner s’adresser à la foule de
Rotterdam en 1985 : “Come on, I know you can do better, you bunch of
fuckin’ wimps”. Puis, le groupe de massacrer This Time Of Night. Sans
même sourciller. Ah. Punk un jour, punk toujours. Même plein aux as. Ou
presque. Qu’un groupe de branleurs patentés ait pu concevoir une
musique à ce point géniale restera l’une des plus belles énigmes de la
musique moderne… Dont l’un des hauts-faits, que New Order a eu la bonne
idée de ressortir de ses tiroirs pour sa dernière tournée, reste The
Perfect Kiss, ce malestrom electro, ce chef d’œuvre antédiluvien pour
dancefloors explosés. Oui, The Perfect Kiss. “Is the kiss of death”.
Rideaux.