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Prairie Wind
archive mag novembre 2005
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La chaleur d'une guitare acoustique, les zébrures d'une guitare slide, une rythmique paisible, un orgue, la voix vieillie et fragile de Neil Young : les premières mesures de The Painter suffisent pour savoir qu'on tient là un disque merveilleux. Pas un "bon cru", ni "un album de plus" : rien de cela n'existe dans la discographie de Neil Young. Des disques ratés, des albums mineurs, oui, mais jamais désertés par une foi solide dans le chemin emprunté, seule garante d'une longévité extraordinaire. Prairie Wind est un disque sublime, à la fois apaisant et émouvant, qui arpente les terres familières d'un folk lumineux parfois teinté de soul, auquel le Loner a donné ses lettres de noblesse avec des classiques comme After The Gold Rush, Harvest ou Harvest Moon. Enregistré à Nashville avec des complices de toujours, il déploie ses charmes sur des registres assez variés. Far From Home et He Was The King balancent vers un rhythm'n'blues chaleureux où cuivres, piano, harmonica et choeurs convoquent souvenirs d'enfance et mythologie américaine. It's A Dream est une ballade somptueuse, habillée pour l'hiver avec des cordes foisonnantes. Menaçante, hantée par le spectre de la mort, Prairie Wind est une longue litanie hypnotique comme le Canadien en a le secret depuis Down By The River. Mais les chansons les plus belles restent ces moments fragiles suspendus entre folk et country, quand Neil Young touche à l'essentiel avec simplicité et grâce. Here For You ressemble à une ballade de western chantée par un coeur brisé. This Old Guitar, susurrée avec Emmylou Harris, dresse un émouvant autoportrait en creux : "This old guitar can't be blamed for my mistakes, it only does what it's told/It's been a messenger when times were troubled, in times of hope and fear". Grand moment du disque, Falling Off The Face Of The Earth est une pépite mélodique d'une pureté sans pareille, où les mots sont simples et touchants : "I just want to tell you, you sure mean a lot to me/It may sound simple but you are the world to me". C'est ce qu'on a toujours eu envie de dire à Neil Young.
VINCENT THÉVAL
article extrait de :
MAGIC RPM #95
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