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Sound Travels
archive mag mars 2001
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La valse des étiquettes est un sport très courant chez nos amis d'outre-Manche. Le plus souterrain des néo, sous ou post-courants pointe le bout de son nez et on lui attribue instantanément une branche sur l'arbre généalogique des tendances musicales du moment. Le broken beat, découvert à travers une petite famille de labels ouest londoniens et défendu par les sélecteurs les plus pointus du moment (dont Gilles Peterson, en tête de liste), a parfois été trop vite classé en France dans la catégorie descendant de la vague acid jazz anglaise du début des années 90 pour ses velléités de fusion rythmique entre le jazz et les machines. Une comparaison pas très flatteuse si l'on se souvient des dérives souvent indigestes du genre, et plutôt réductrice à l'écoute de la qualité de bon nombre de productions récentes. Ce n'est malheureusement pas toujours le cas de l'album de Nathan Haines. Malgré la participation active de Phil Asher (cosignataire de l'album sous le nom de Restless Soul) ou Mark De Clive-Lowe, Sound Travels ne relève pas les promesses de son titre et se place souvent bien en deçà de ses influences jazz. Si certains morceaux (Sound Travels, Long...) sortent du lot grâce à l'élaboration un peu plus complexe de ce rythme syncopé destructuré qui constitue la marque de fabrique du broken beat, l'ensemble semble trop produit pour qu'on puisse y trouver une réelle profondeur, en particulier dans les vocaux parfois franchement cheesy (Surprising, Believe). On oubliera aussi les incursions latin dub d'Honeycomb ou les percus salsa de Williams Song, qui n'ont pas vraiment leur place parmi les autres titres. Au final, un premier album globalement assez décevant d'un artiste qui semble toutefois à surveiller.
Thomas Schwoerer
article extrait de :
MAGIC RPM #49
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