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Plays The Residents

archive mag août 2005
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Depuis plus de vingt ans, The Residents, ces inconnus les plus célèbres de l'histoire de San Francisco et de la pop musique, se sont fait remarquer avec une série de concept-albums iconoclastes dédiés aux grands noms de la musique (Gershwin, Hank Williams, James Brown et Elvis Presley avec le monumental King And Eye). C'est aujourd'hui au tour de Narcophony, combo lyonnais formé d'Éric Aldéa (ex-Bästard) et d'Ivan Chiossone, de boucler la boucle et de nous offrir, pour leur deuxième opus, un subtil voyage acoustique dans l'univers de ce groupe mythique. L'aventure frôle même la perfection avec les somptueux instrumentaux Festival Of Death et What Ever Happened To Vileness Fats?. L'utilisation d'instruments traditionnels transcende ainsi les originaux, tout en bidouillages électroniques pour nous projeter dans un autre monde : un monde crépusculaire, délicat et mélancolique, bercé par les envoûtantes Ondes Martenot de Christine Ott, déjà utilisées par Yann Tiersen. Mais ce charme n'opère pas sur l'ensemble du disque. Les versions d'Hello Skinny et les trois covers du mémorable Commercial Album sont en effet trop sages, sinon respectueuses. Tout l'art (périlleux) de la reprise réside dans cette faculté de dépasser les morceaux originaux pour les faire siens et les trahir, tout en respectant leur essence. Et The Residents était largement passé maître dans cet art. En se confrontant à un tel monument, Narcophony s'en tire avec les honneurs et une profonde sincérité qui force le respect.

YANN VALENTIN

magazine num 93 article extrait de :
MAGIC RPM #93


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