A Lire
Nancy Sinatra
archive mag octobre 2004
Soyez le premier à réagir
À l'origine, cet album devait s'appeler To Nancy, With Love. Un titre qui résumait sans doute à la perfection l'état d'esprit de tous les musiciens contactés pour participer au projet. Parce que dans le genre icône pop intouchable, on n'a guère fait mieux que Nancy. Pour ne pas dire jamais. Il n'y a qu'à jeter un coup d'oeil sur les pochettes de How Does That Grab You, Sugarou la compilation This Is...pour mesurer l'ampleur des émois. Et réécouter ces instantanés plaisamment pernicieux imaginés par Lee Hazlewood (au hasard, Summer Wine, Lady Bird, Some Velvet Morning...) ou les reprises de standards (As Tears Go By, Wishin' And Hopin', Son Of A Preacher Man, Bang Bang...) pour mesurer l'aura de la dame auprès des mélomanes en général, et des artistes en particulier. Masculins, bien évidemment. Le résultat final de cette entreprise forcément risquée, initiée par sa fille et son beau-fils, tient presque du miracle, tant chacun des auteurs et compositeurs conviés au chevet de la voix de Nancy Sinatra ont, chacun dans leur coin, rivalisé d'efforts et d'ingéniosité pour tenter de s'attirer les grâces de l'immortelle interprète de Kinky Love. À commencer par nos deux amis de Calexico, qui ont dû se laisser pousser la moustache, tant leur Burnin' Down The Sparkrappelle les oeuvres de M. Lee, les ambiances mariachi en sus, bien évidemment. Mais Jarvis Cocker nes'en laisse pas compter et sort de son chapeau deux ballades taillées sur mesure, Don't Let Him Waste Your Time et surtout Baby's Coming Back To Me. Thurston Moore, lui, n'a pas froid aux yeux et s'amuse à déguiser son aînée en poupée psychédélique le temps d'un inquiétant Momma's Boy, qu'on jurerait destiné à Nico. Préposé aux come-backs (Sandie Shaw, es-tu là ?), Morrissey abandonne nonchalamment son Let Me Kiss You, où il ne peut s'empêcher d'assurer quelques choeurs, alors que Jon Spencer vient donner une réplique caverneuse sur une reprise du très bluesy Ain't No Easy Way. Conclu par Two Shots Of Happy, One Shot Of Sad, originellement composé par Bono et The Edge pour le père de Nancy, ce disque ne peut que prolonger, si besoin en était, le... culte voué à la dame, visiblement ravie de cette cure de jouvence. À tel point que l'on pressent déjà une suite, où Tindersticks, Nick Cave, Michael Head, Lambchop et Saint Etienne mériteraient bien d'être conviés.
Christophe Basterra
article extrait de :
MAGIC RPM #84
Commentaires
Vous devez être inscrit pour laisser un commentaire :