Cette deuxième livraison des Mystery Jets est celle du tournant pour un groupe qui existe depuis 2000 et qui offre une particularité probablement unique dans l'histoire du rock : celle de compter dans ses rangs un père (Henry Harrison) et son fils (Blaine) ! Le premier album des Britanniques, Making Dens (2006), révéla des adeptes d'un post-punk estampillé eighties un peu cliché. Twenty One, au contraire, donne à entendre une formation résolument mature capable de signer l'un des meilleurs disques pop de l'année. Le fait que Blaine ait remplacé son père (qui ne veut plus faire de concerts) dans le rôle du leader/songwriter a forcé le groupe à grandir dans une étonnante métaphore de la vie. De ces onze titres, il n'y a rien à jeter. Le premier single, Young Love, est d'une rare évidence, avec sa ligne de basse catchy et la sincérité élémentaire de ses paroles. Admirablement produit (Erol Akan), bourré d'arrangements malins de guitares et de synthés, Twenty One marque le passage du cliché et des influences de papa (notamment le rock progressif) vers un certain classicisme plein de candeur juvénile. Comme quoi il faut toujours tuer le père.