Depuis quand un album de musique électronique n'a-t-il pas possédé tous les atours d'un possible raz-de-marée interplanétaire ? À part le fameux Homework (1997) de Daft Punk, qui a fini par dépasser ses deux auteurs au point d'anéantir leur créativité, on ne voit pas. S'il est encore trop tôt, et sûrement malvenu de lui prédire la même destinée (d'autant s'il est superstitieux), Myles McInnes peut envisager l'avenir sereinement. Ce jeune Écossais de vingt-quatre ans signe aujourd'hui l'album le plus malin, tubesque et redoutable depuis ledit Homework. En passant, on peut donc rassurer Norman Cook, le papy big beat plus connu du grand public sous le sobriquet de Fatboy Slim, qui maugréait récemment dans les colonnes du NME que la scène house peinait à trouver les successeurs de Daft Punk. En attente de sortie depuis plusieurs mois, ce programmatique et tonitruant Destroy Rock & Roll, originellement édité par l'heureux label britannique Breastfed, a déjà trusté outre-Manche un succès critique unanime. D'ailleurs, Myles a, semble-t-il, retenu tous les enseignements en appliquant à la lettre une efficace démarche marketing. Après avoir alimenté le Landerneau des Dj's les plus en vue au gré de sorties (des maxis reconnaissables entre tous par des pochettes au graphisme pochoir exemplaire) plus ou moins confidentielles ces deux dernières années, cette démarche savamment entretenue a fini par porter ses fruits : les titres de Mylo tournent désormais en radio et en club, comme le véritable rouleau compresseur Drop The Pressure. Sur la longueur, Mylo fait feu de tout bois et montre d'un savoir-faire de vieux briscard, touché par la grâce, s'autorisant une rêverie toute aérienne sur Valley Of The Dolls, décalquant Around The World sur Drop The Pressure, entretenant le doute avec le sexy Muscle Cars et samplant la scie 80's de Kim Carnes sur In My Arms. Comme Röyksopp ou Moby avant lui, la voie vers le succès semble toute tracée pour Mylo. Trop malin pour être honnête, Mylo a tapé en plein dans le mille.