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I Hope You're Well, I Am And I Send You My Fingers de My Name Is Nobody

chronique d'album
Lorsqu'ils se cherchent une identité, les groupes commencent par réfléchir à un nom. Mine de rien, c'est une épreuve décisive, et beaucoup n'y résistent pas. Il faut en effet interpeller ceux qui sont susceptibles d'aimer et d'entrer en résonance avec son projet. Selon les époques, on a connu ainsi des tas de modes différentes. Après Ride, les noms constitués d'un unique mot étaient synonymes d'une pop bruyante et mélodique. Après The Strokes, les groupes en The évoquaient l'école du rock'n'roll new-yorkais. Mais entrer dans une mouvance esthétique déterminée est souvent risqué. C'est pourquoi, comme le constate celui qui traîne dans les locaux de répétition, beaucoup de jeunes formations, encore incertaines et maladroites, ne sautent pas le pas et se baptisent provisoirement No Name, Nameless ou Without Name. Derrière son aspect transparent, My Name Is Nobody, le patronyme choisi par Vincent Dupas, est cependant plus subtil. Il ne révèle ni une autoflagellation, ni un manque de confiance en soi, comme une psychanalyse hâtive pourrait le laisser penser. Il souligne, au contraire, avec force et raffinement la fragilité de l'artiste en même temps que sa proximité de l'auditeur lambda. Il dessine le profil d'un musicien situé à l'opposé d'une popstar academy, ou l'image de la célébrité factice est la norme. My Name Is Nobody propose un répertoire indie folk emprunt de mélancolie à la façon de Will Oldham ou de Mark Kozelek. Axées sur la guitare et le chant, les compositions trouvent leur inspiration dans la country des Appalaches, surtout lorsque les choeurs et le piano font leur apparition (My Brother's Wedding Song). On pense aussi à Robert Wyatt sur Black Eyed Monkeys. Mon Nom Est Personne, ça devrait vous rappeler des souvenirs...
GÉRÔME GUIBERT
MAGIC RPM  #101


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