A Lire

Z

archive mag avril 2006
Soyez le premier à réagir

Assez légitimement, on avait pu croire que le troisième Lp de My Morning Jacket, It Still Moves, paru il y a deux ans, était leur chef-d'oeuvre. Il n'en était à l'évidence rien. Ce Z, en forme d'opus définitif comme on clôt un alphabet, est au combo du Kentucky ce que OK Computer fut à Radiohead. Un constat qui ne saute aux oreilles qu'après trois écoutes. Au moins. Quitte à perdre foi en son propre instinct à distinguer le bon du mauvais disque du premier coup. D'une légère déception initiale, on passe à l'engouement, puis à l'amour pour cet album au bas mot surprenant, puisque très loin des habituelles "lynyrdskynyrderies" d'un groupe désormais émancipé et navigant à vue entre Pink Floyd et Will Oldham. Dès Wordless Chorus, et son motif synthétique répétitif (un nouveau au clavier, Bo Koster, dont l'impact est remarquable), son choeur angélique et sa pincée de soul et de reggae, on comprend que My Morning Jacket a fait exploser le carcan de la country alternative. S'ensuivent, par exemple, le très pop Gideon, l'intime Knot Comes Loose ou le sublime final Dondante, que Mercury Rev tente en vain de composer. Et le plus remarquable est que Z, disque hétérogène aux textes illuminés, porte malgré tout, et de... A à Z, la marque profonde d'un style, celui de Jim James, songwriter décidément génial malgré son nom idiot. Le Kentucky n'a jamais semblé aussi vaste.

GILLES DUHEM

magazine num 99 article extrait de :
MAGIC RPM #99


Commentaires


Vous devez être inscrit pour laisser un commentaire :



Mot de passe oublié ? - S'inscrire