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The Tennessee Fire
archive mag octobre 2000
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My Morning Jacket est un quartette de jeunes ricains originaires du Kentucky jouant de la country. Jusque-là, pas de quoi se relever la nuit. Sauf que. Ils jouent la country la plus extrême et la plus déglinguée que l'on ait entendue depuis longtemps, poussant chaque poncif du genre bien au-delà de ses limites d'orthodoxie. Comme frapper le rythme trois fois plus fort et trois fois plus lentement, rajouter une couche excessive d'écho sur des arrangements lo-fi, et chanter en harmonie de la façon la plus déchirante qui soit à propos d'un briquet volé (They Ran)... Jim James (!), vingt et un ans seulement, songwriter et chanteur, habite The Tennessee Fire d'un bout à l'autre de sa voix déjantée et fantomatique, à la fois lyrique, sincère comme celle de Neil Young et teintée d'humour pervers. À l'image des titres de l'album, qui revisitent des thématiques bien classiques (Nashville To Kentucky, Butch Cassidy, Old Sept Blues), autant que des sujets ironiques et iconoclastes (Evelyn Is Not Real, I Will Be There When You Die). Une telle entreprise de dézingage resterait anecdotique si elle n'était soutenue et légitimée par des compositions superbes et étrangement matures. Résultat : le country rock, qui n'a que rarement le don d'étonner, prend le bain de jouvence et d'autodérision dont il avait sûrement besoin.
Gilles Duhem
article extrait de :
MAGIC RPM #45
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