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It Still Moves
archive mag février 2004
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Parallèlement au renouveau du rock urbain américain du nord du pays, il était logique que les formes rurales sortent elles aussi du bois. Moins flambeurs que les Kings Of Leon, ces garçons de Louisville (Kentucky) réveillent les mânes du meilleur de The Band, Creedence Clearwater Revival, Neil Young et se posent en jeunes cousins de Grandaddy. Du pur americana, sans le surplus de mélancolie poisseuse et d'auto-apitoiement qui a parfois plombé le genre. La musique sent le rondin écorcé à la main et la peau de bête, la production est indéniablement datée début 70's, mais il faudrait être bien fou pour accuser My Morning Jacket de simple groupe revival. La voix de Jim James, puissante mais travaillée par la fragilité, vraiment bouleversante donc, sert des compositions d'une robustesse et d'une justesse qu'aucun artisan ne saurait rêver. Les plus émouvantes sonorités venues d'Amérique du Nord ont souvent les pieds dans la glaise du quotidien smalltownet des ailes dans le dos. My Morning Jacket est de ceux-là , donnant envie de pleurer dans sa bière, sécher la larme d'une main calleuse, avant de s'agiter lourdement devant la scène ou les enceintes, le sourire extatique. Pour les nerdsdont on est, It Still Movesdonne aussi l'impérieuse envie de dénicher leurs deux premiers disques. Demain, juré, on se laisse pousser la barbe.
Philippe Richard
article extrait de :
MAGIC RPM #77
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