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Bring Me The Workhorse

archive mag septembre 2006
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Pur produit d'une éducation musicale aussi précoce qu'éclectique, Shara Worden a longuement peaufiné ses premières vocalises aux quatre coins de Manhattan, entre une formation classique qui l'a familiarisée avec l'opéra et la fréquentation des avant-gardes de la Knitting Factory. Aperçue récemment aux côtés de Sufjan Stevens, c'est sous ce pseudonyme à faire baver les joailliers de Tiffany's qu'elle s'expose pour la première fois sur le devant de la scène. Encore très marquée par des influences incontestables, mais dont elle peine à se départir (Kate Bush, Björk, Beth Gibbons, PJ Harvey...), Worden se risque à tenter la synthèse entre dissonances rock et arrangements plus classiques et passe sans transition du murmure velouté aux stridences criardes. Parvenant souvent à tirer un parti intéressant de compositions moyennes, elle s'impose d'emblée comme une interprète talentueuse, même si on reste plus sceptique quant à ses qualités de songwriter. Bring Me The Workhorse apparaît donc comme une sorte de réponse féminine (si l'on peut dire) à I Am A Bird Now d'Antony And The Johnsons : un disque qui ose prendre le risque de la démesure, esthétiquement contestable, parfois agaçant, mais qui reste globalement touchant par sa spontanéité et sa sincérité.

Matthieu Grunfeld

magazine num 103 article extrait de :
MAGIC RPM #103


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