Sous ce patronyme de vendeur de boissons gazeuses se cache un duo germano-germanique formé par Micha Acher, temporairement échappé de The Notwist, et Stéphanie Böhm, la claviériste des Munichois de Couch. Si l'on aime fantasmer sur la dimension territoriale de la musique, Ms. John Soda viendra épaissir le dossier déjà consistant établi sur cette partie de la province allemande, perdue entre Landsberg et Weilheim, d'où le duo est originaire. Mais, à l'ère du laptop et des groupes qui changent des bouts d'idées de compositions par mails interposés, c'est plutôt l'aspect composite et apatride qui retiendront l'attention à l'écoute de cet album, modèle de brocante électronique. En effet, si une guitare à la régularité très allemande rappelle assurément les meilleurs moments de The Notwist, l'electronica fragile et naïve des claviers et la voix de Stéphanie Böhm renvoie, beaucoup plus à l'Ouest, au bon souvenir des Anglais diaphanes de Broadcast et parfois, dans ses moments les plus flottants, à la poésie enfantine des jumelles islandaises de Múm. Le répertoire de Ms John Soda est donc aussi large que composite, et permet d'alterner de jolies pop songs gentiment spatiales et brèves avec des plages plus contemplatives et démembrées. Au final, ce no p. or d., ni p.(énible ?) ni d.(istendu ?) mais surtout intelligemment court (trente-cinq minutes) démontre que le rock, dans sa concision actuelle, peut aider l'électronique à trouver cette forme ramassée dont elle manque souvent cruellement.