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The New Danger de Mos Def

chronique d'album
Mos Def peut se vanter auprès de ses petits copains rappeurs d'avoir été le premier (et le seul) artiste hip hop à  avoir reçu les honneurs de l'album du mois dans les pages de Magic. Pourquoi lui plutôt que The Roots, Jurassic 5, Latyrx ou les Beastie Boys en leur temps de gloire ? Pour faire court, disons qu'avec Black On Both Sides (1999), il avait réussi à  nous convaincre que le rock (entendons ici la musique de jeunes en général) devrait dorénavant compter avec lui : "I am hip hop/I'm rock'n'roll", chantait-il alors, plus fort que The Roots et bien avant Pharell Williams. La suite, Mos Def nous la promet depuis longtemps, en particulier avec Black Jack Johnson, le super-groupe afroaméricain qu'il a formé avec Bernie Worrell (claviériste de Parliament et Funkadelic), Doug Wimbish et Will Calhoun (la section rythmique explosive de Living Color) et Gary Miller (alias Dr Know, guitariste des Bad Brains). Si la formation sâ™est produite quelquefois sur scène au cours de ces dernières années, The New Danger est enfin l'occasion d'une première sortie discographique. La leçon de pur rock'n'roll qu'elle voulait donner à  Limp Bizkit et consorts est donc ajournée puisqu'il s'agit encore ici d'un disque de rap. Mais attention, bien qu'ils n'officient que sur quatre titres, les musiciens de Black Jack Johnson ne sont pas là  pour faire de la figuration. Ils orientent cet opus sur des chemins plus live : celui du metal (Freaky Black Greetings, War), mais aussi du jazz (The Beggar) et du blues (Blue Black Jack). Toutes aussi efficaces, mais plus attendues, les productions de Minnesota, Raphael Saadiq, Easy Mo Bee et Kanye West (Jay-Z, Lil'Kim, Alicia Keys) complètent le tableau à  l'aide de leurs touches de couleurs soul et leurs samples funk vintage (Sunshine et Grown Man Business, Life Is Real). Dans l'ensemble, The New Danger se veut un disque somme. Un tour d'horizon du rock noir d'aujourd'hui. Forcément, c'est une ambition pour le moins excitante mais totalement démesurée - Prince pourrait d'ailleurs lui en toucher deux mots. Alors, bien sûr, de ce strict point de vue, Mos Def est loin d'avoir réussi son pari (édifier le monument qu'il avait en tête, surpasser son Lp inaugural). Malgré tout, il est parvenu à  réaliser une oeuvre unique et terriblement excitante.
Sylvain Collin
MAGIC RPM  #86
article extrait de :
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