Quel que soit le degré de fanitude et l’intensité
de l’admiration que l’on porte à Morrissey, cette compilation rassemblant les dix-huit
faces B publiées depuis son grand retour, en 2003, ne fait rien pour atténuer
le sentiment de déclin éprouvé depuis déjà quelques mois, voire quelques
années, et que la profusion des titres peine à dissimuler. Le Moz y ressasse à
l’envi ses obsessions tenaces pour des thèmes de prédilection qui finissent par
s’user sérieusement : les mauvais garçons, ici persécutés par la police de Los
Angeles (Ganglord) ; l’attente, enfin satisfaite, de la rédemption
amoureuse (My Dearest Love) et son pendant inévitable, l’angoisse de
l’abandon (My Life Is A Succession Of People Saying Goodbye). Surtout, à
quelques exceptions près (Christian Dior, I Knew I Was Next), ses
collaborateurs et compositeurs attitrés (Alain Whyte au premier chef, Jesse Tobias
et Boz Boorer ensuite) manifestent une fois encore leurs limites.
Déjà incapables d’alimenter dignement l’inspiration du maître de douze titres marquants et bien construits sur la longueur d’un album entier, ils se trouvent logiquement fort dépourvus lorsqu’il s’agit de racler les fonds de tiroir pour dénicher de quoi alimenter les Ep’s en inédits. Et, côté producteur, ni les astuces de ce vieux roublard de Tony Visconti, ni, a fortiori, les recettes californiennes très indigestes de feu Jerry Finn ne parviennent redonner une saveur à ces mélodies faiblardes ou inabouties. Dans l’attente d’un messie musical capable de lui confectionner les écrins mélodiques dignes de sa plume toujours acerbe, Morrissey semble donc condamner à engranger ces Swords qui ressemblent fort à des coups d’épée dans l’eau.
Déjà incapables d’alimenter dignement l’inspiration du maître de douze titres marquants et bien construits sur la longueur d’un album entier, ils se trouvent logiquement fort dépourvus lorsqu’il s’agit de racler les fonds de tiroir pour dénicher de quoi alimenter les Ep’s en inédits. Et, côté producteur, ni les astuces de ce vieux roublard de Tony Visconti, ni, a fortiori, les recettes californiennes très indigestes de feu Jerry Finn ne parviennent redonner une saveur à ces mélodies faiblardes ou inabouties. Dans l’attente d’un messie musical capable de lui confectionner les écrins mélodiques dignes de sa plume toujours acerbe, Morrissey semble donc condamner à engranger ces Swords qui ressemblent fort à des coups d’épée dans l’eau.