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Better Than Heavy de Mongrel

chronique d'album
Hip hop en jean slim ou guitar pop en survêtement et gourmette ? Peu importe la formule pour décrire Mongrel, ce premier album devrait mettre tout le monde d’accord, de l’indie kid  au fan de grime, du rastaman 2.0 à la collégienne fan de Gorillaz. À l’instar du projet simiesque de Damon Albarn, ce collectif anglais tente le crossover entre les cultures urbaines, la tradition rock et le son des sound-systems, et, précisons-le d’emblée, y parvient de façon bluffante.

Supervisé par Jon McClure (tête pensante de Reverend And The Makers) et la section rythmique originelle des Arctic Monkeys (le premier bassiste Andy Nicholson et le batteur Matt Helders), le super-groupe laisse la part belle aux rappeurs, convoquant jusqu'à seize d’entre eux sur le spectaculaire Alphabet Assassins. On fait ainsi la connaissance d’une kyrielle de rimeurs britanniques, et notamment de trois fort prometteuses jeunes femmes (Pariz-1, Tor Cesay et Mpho Skeef), dont les flows féroces feraient passer Missy Elliott pour un caniche neurasthénique.

On découvre aussi la prose militante de Lowkey, un Mc londonien d’origine irakienne plutôt fâché avec l’opinion publique et les dérives paranoïaques dont les religions font l’objet (The Menace). Produit par Adrian Sherwood, pape du dub anglais et des collisions transgenres, le disque déploie évidemment son lot de rythmiques parfumées à la ganja, mais n’omet pas de pourvoir l’auditeur en accroches mélodiques, comme l’entêtant thème au piano de Lies, qui transpose Madness dans la cage d’escalier d’un HLM de Sheffield. Convivial mais exigeant, Better Than Heavy, pour paraphraser l’abominable Abd Al Malik, “c’est pas du lourd”. C’est MIEUX que du lourd.
Alex Melis
MAGIC RPM  #128


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