On avait parié gros sur Mogwai, des jeunots venus d'Ecosse, aux singles mystérieux, aux concerts envoûtants. On avait parié d'autant plus gros que la compilation Ten Rapid donnait sur la longueur une vue d'ensemble impressionnante de ce groupe pour qui spleen est sans doute synonyme d'idéal. Alors, autant l'avouer tout de suite, Young Team est une semi-déception. Une semi-déception dont l'une des raisons est sans doute contenue dans le titre : Mogwai est encore un peu vert. Car on ne maîtrise pas comme ça bruits et chuchotements, tensions et apaisements. En fait, dès que le groupe s'escrime sur ses guitares juste après des moments de quasi-silence (Like Herod, la nouvelle version de Summer), l'approche est trop scolaire pour convaincre. N'est pas Codeine qui veut. Pire, il cherche aussi, une fois ou deux, à être "expérimental" (With Porfolio, inepte) et mérite d'aller directement au piquet. En revanche, lorsque Mogwai enrichit son univers, lorsque les guitares deviennent trame et laissent place à d'autres sonorités orgue, piano, vibraphone , sa musique prend une autre dimension et on pense même à un Ennio Morricone autiste sur le superbe Radar Maker. On se prend aussi à les maudire d'avoir (trop ?) attendu avant de dévoiler une voix, sur un R U Still In 2 It (humour ou pré-tention ?) apaisé. Pour Mogwai, la route est longue avant de rejoindre ses modèles avoués (Joy Divison sur A Cheery Wave..., par exemple). Mais l'aventure ne fait que commencer.