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Cela fait au moins deux ans que la touche Play semble bloquée en mode repeat sur les platines du monde entier. Partout, sur tous les supports, en toute occasion, la musique de Moby s'est immiscée de manière intrusive dans notre quotidien. Les publicitaires ne s'y sont d'ailleurs pas trompés. Qu'il s'agisse de vanter les mérites d'une marque automobile américaine ou de conseiller le port d'une serviette intime ultrafine, la musique de Moby a joué le rôle de faire-valoir, garantie de modernité, symbole d'air du temps. On a cru ne jamais en sortir. Ce succès planétaire aussi accidentel que bienvenu aura permis de découvrir ce petit blanc discret, bien campé sur ses convictions (il est végétarien, contre la vivisection...) et obsédé par la musique. Une musique simple dont la recette et les boucles sont toujours à l'identique. Et c'est ce que confirme malheureusement 18. Moby n'a pas souhaité se remettre en question et a choisi l'option "readymade", en toute simplicité. Ce presque double album sera donc sans surprise de taille sinon la participation de deux (grandes) voix : celles de Sinead O'Connor et d'Angie Stone. Le garçon s'est lui-même mis à chanter sur quatre morceaux, parmi les plus réussis. Mixés et mastérisés après les attentats du 11 septembre, les 18 titres sélectionnés dans une collection de cent cinquante compositions ont pour mission, dixit l'auteur, de faire du bien aux gens, de leur procurer du plaisir, sans autre prétention. C'est certes un objectif louable mais à l'écoute, on s'ennuie. 18 aurait mérité de ne comporter que douze plages, d'éviter certaines longueurs et ce lourd sentiment de répétition. Car même si, en 2002, Moby a décidé de se tourner vers la soul et le gospel plutôt que vers le blues, ses samples n'arrivent pas à donner grande fraîcheur à cette entreprise mainstream. De toute façon, l'album contient suffisamment de tubes formatés pour que les médias jeunes s'en nourrissent pendant les deux années à venir. Inutile donc d'en précipiter l'achat.
Jean-Fabien
MAGIC RPM  #61
article extrait de :
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