Monsieur Suzanne Vega à la ville, Mitchell Froom est surtout réputé en tant que producteur prolifique et émérite. Ce qui explique la présence d'invités aussi nombreux que prestigieux sur un premier album solo qu'il n'a d'ailleurs pas produit. Soit un disque composite d'une douzaine de morceaux enregistrés par autant d'artistes et que son auteur décrit comme des "mini-bandes originales d'un film cérébral". D'un bluesrap scandé par Michael Doughty de Soul Coughing à l'instrumental arabisant d'une Lisa Germano muette comme une carpe, d'une chanson de Madame Froom à la chinoiserie de la nippone de Cibo Matto Miho Hattori, du sublime Overcast de l'intouchable Ron Sexmith à une petite madeleine de l'immense Mark Eitzel, ce ne sont là que les rencontres opportunes d'un disque mi-fougue, mi-raison de la part d'un compositeur dont le travail dans l'ombre sera largement préféré.