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L'étreinte
archive mag septembre 2006
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Il y a mille bonnes raisons d'aimer passionnément Christophe Miossec...
Portant le verbe haut et cru, le Brestois n'a-t-il pas redonné à la chanson d'ici une ferveur depuis longtemps négligée par ses pairs ? Cette façon inimitable de se dire, même au plus bas de soi, au fond du trou, ne fait-t-elle pas déjà école ? Qu'il se trimballe dans le plus simple appareil (Boire, Baiser) ou vêtu des plus élégants costumes (1964, L'Étreinte), cet auteur courtisé s'est toujours livré sans compter. Chastes oreilles s'abstenir, son débit versant parfois dans le bilieux, dans le vraiment douloureux. Telle est la vie, la vraie, ici célébrée avec un allant auquel seul Serge Reggiani mais lui n'a jamais écrit une ligne nous avait habitué, il y a un bail. Alors oui, certainement, pour la première fois de sa carrière Miossec risque de diviser... Obligé de trier ! La découverte des merveilles cachées derrière L'Étreinte est à ce prix. Mais plutôt que de l'éreinter pour ses quelques faux-pas, attardons-nous sur les vraies réussites de ce sixième album. Juste parce qu'il le vaut bien et qu'on ne cherche pas de poux à un type de cette trempe alors qu'il livre là son oeuvre la plus variée. Élaboré pour la seconde (et dernière) fois en tandem avec Jean-Louis Piérot (moitié des Valentins et arrangeur surdoué) et quelques génies notoires tels que Robert Johnson et Stef Kamil Carlens de Zita Swoon, L'Étreinte voit notre expatrié belge reprendre son souffle dans les cordes merveilleux Nicolas Stevens, partenaire d'Imprudence de Bashung sur scène avant de mettre l'autre en face au tapis. L'amour se consomme ainsi, des coups comme s'il en pleuvait (La Grande Marée, LE morceau du disque) et Dieu sait si Miossec en a eu pour son grade. Mais puisque ici le charnel l'emporte toujours et c'est très bien comme ça , saluons cette Julia aux formes délicieusement callipyges, ou cette confession finale à sa chère Maman : "Je ne contrôle plus mes arrières, j'ai succombé à des plaisirs qui devrait un jour te déplaire". Charnel encore, Quand Je Fais La Chose, où l'on se prend à rêver à une association avec le trublion Red, aurait autrement plus d'allure que ces poses discutables à Califourchon. Et si le ton se fait de plus en plus sentimental superbe Maman, les arpèges de La Mélancolie, le piano très Gainsbourg de 30 Ans, composé pour lui par le compagnon de Madame Juliette Gréco , sûr que ça ne s'arrangera pas avec le temps. Gare aux rétroviseurs donc, sauf s'il s'agit de mettre du Clash dans les guitares, et tant mieux pour La Facture D'Électricité, ce tube programmé aux jolis choeurs. Compositeur inspiré de plus de la moitié des titres, Miossec demeure cet être faillible, terriblement humain, que L'Étreinte nous présente sans fard, vulnérable, mais finalement plus attachant que jamais.
Renaud Paulik
article extrait de :
MAGIC RPM #103
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