A Lire
Brûle
archive mag octobre 2001
Soyez le premier à réagir
Pour une fois, ce n'est pas Dominique A qui va me filer le bourdon aujourd'hui. Christophe Miossec en est le responsable. S'il n'y a pas de limite à la lâcheté, à la dérive, une chose marque l'esprit sans pour autant sauver l'âme : la conscience, froide, coupante, rompue à la fréquentation du vide, cynique, et seule porte de sortie. Je ne sais pas ce que confesse Miossec ou plutôt à qui il adresse cet album, narration fictive ou tâche d'encre et sonore sur l'apogée d'un mauvais karma choisi et cultivé. Eh merde, après tout... Souffre qui peut. Les femmes et les enfants d'abord, non ?! Après tout, pourquoi se montrer fort lorsqu'on est désabusé, à qui faire croire l'impossible ? "Pourquoi t'ai-je donc fait un jour la cour ? Mon sens de l'humour est lamentable" (Pourquoi). Faut pas se moquer, faut pas s'apitoyer, hein ? Faut brûler, d'une manière ou d'une autre. Brûler ses tripes, ses souvenirs, les images et les parfums. Brûler tout contrat. Facile ? Non, l'autocombustion est un art. Point final... Se foutre, en bon breton, la gueule en vrac ne suffit pas à éteindre l'incendie. Pourtant, bel album, chaleureux que celui-ci. Sans mea culpa, sans audience en huis clos, sans propos ni mélodie à l'amiable. Alors, vivre dans la peau de Miossec à défaut de celle de John Malkovich ? Peu importe, les liaisons sont toujours dangereuses et les mélodies impeccables. Pop, rock, folk ? On s'en fout, on est chez Miossec à cent pour cent... Ouvertes, dans la veine d'une production mature, riche mais sans tape-à-l'oeil inutile. Elles donnent de l'épaisseur à ce "petit meutre entre ami(e)s". Miossec a "déserté les champs de bataille". Il le regrette, semble-t-il. Car le sang coule, mais sans lui (Grandir).
Jean-Fabien
article extrait de :
MAGIC RPM #55
Commentaires
Vous devez être inscrit pour laisser un commentaire :