A Lire

Baiser

archive mag mai 1997
Soyez le premier à réagir

En vannetais, "miossec" signifie pied-bot. Et cette traduction est finalement la meilleure des définitions pour situer Christophe Miossec dans le paysage musical français. Car depuis que son album Boire a fracassé la porte (blindée) de la chanson d'ici, nos directeurs artistiques en ont encore la gueule de bois. Surtout devant le succès incroyable rencontré par le chanteur brestois, savamment entretenu au cours d'une tournée-marathon. Au point de se demander quand il écrirait son nouvel album - ses concerts nous laissant alors sur notre soif. Qu'il satisferait, pensait-il, dans un élan lubrique. Mais Baiser - suggestions pour les prochains disques : Bouffer, Bourlinguer, Cloper, Gerber... - ne possède ni la fulgurance ni le brio de son prédécesseur. Que Miossec semble d'ailleurs assumer assez difficilement. Ainsi, s'en remet-il à la normalité basique d'un groupe de rock - la batterie n'ayant jusque-là pas droit de cité. Mais les mélodies, moins accrocheuses, plus tapageuses, souffrent parfois du poids de ce fardeau rythmique (Le Mors Aux Dents, Tant D'Hommes). D'autant que l'écriture a perdu la force de son éloquence atrabilaire (Une Bonne Carcasse, La Guerre). C'est pourtant quand Miossec crache son venin sentimental (La Fidélité, L'Infidélité, Juste Après Qu'il Ait Plu) ou social (ça Sent Le Brûlé, On Etait Tellement De Gauche, Le Critérium) qu'il continue de nous enchanter. Comme au premier jour, mais surtout comme personne.

Franck Vergeade

magazine num 14 article extrait de :
MAGIC RPM #14


Commentaires


Vous devez être inscrit pour laisser un commentaire :



Mot de passe oublié ? - S'inscrire