À l'écoute du nouvel album de Migala, on comprend pourquoi celui-ci est accompagné d'un Dvd illustrant chacun des titres par un petit film. Plus qu'une concession à  la tendance du moment, il s'agit de l'appendice naturel de ce que sont devenus ces cousins espagnols de Mogwai : un groupe qui perd la parole. Seuls deux morceaux bénéficient du chant grave d'Abel Hernà ¡ndez, le reste n'est qu'instrumentaux, cinéma muet. Les titres (El Imperio Del Mal, Searching For The Wicked Witch Of The West, Your Star, Strangled, Tucson, Game Over) illustrent bien les préoccupations du collectif pour la marche trouble du monde actuel. Un monde que Migala, coutumier du désastre, contemple la peur dans les yeux, sans voix ou presque (oubliant même de donner un nom à  la cinquième plage). Il ne leur reste dès lors que le viatique de l'art, le défouloir du bruit blanc, la violence géniale de chansons qui se passent de mots. Même si, lorsque le chanteur daigne ouvrir la bouche, c'est pour nous gratifier de ce qui est probablement son plus beau chef-d'oeuvre : Your Star, Strangled, une ballade acoustique à  se pendre. Et dire que l'on se demandait si Migala pouvait décemment faire mieux que Restos De Un Incendio! Tendre et apocalyptique, LaIncreà Âble Aventuramarque un nouveau sommet dans une discographie décidément irréprochable.