Espagne, terre de contrastes : on connaissait les penchants de nos voisins ibériques pour la pop ensoleillée, le rock festif et ses Djs au groove tempéré, le tout à déguster bien frais. C'était avant de rencontrer Migala. Maintenant, c'est troptard, le mal est fait et du coup, difficile d'envisager la patrie de la movida avec la même bienveillance. C'Est Ainsi QueL'Eté Peut Faire Mal, proclame le titre du deuxième album de Migala, sextet sudiste signé sur le label Acuarela. Alors quel'année dernière, leur premier essai, Diciembre 3 A.M était passé inaperçu, il n'y a aucune raison que Asi Duele Un Veranosubissse la même injustice. Parce que tout de suite, on s'y sent chez soi. Une production humaniste qui privilégie la chaleurde l'acoustique, une voix grave et belle d'homme triste, qui évoque autant les Tindersticks (avec plus de sangria que debourbon) que Kurt Wagner de Lambchop, une instrumentation hétéroclite et classieuse (violon, piano, guitare sèche, Theremin...) et des amis sûrs, tels Will Oldham, que Migala aura accompagné lors de sa tournée espagnole, ou Pascal Comelade, évoqué sur quelques interludes.Surtout, Migala possède des chansons aux mélodies sublimes (Low Of Defenses, Guetaria, The Whale...) et prouve qu'ilexiste en son sein un songwriter au talent indéniable. Cette merveille sans distribution française pour le moment est donc àtraquer absolument. Fans de "bodega, bodega", s'abstenir.