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Dystopia
archive mag avril 2008
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Sachant que la distance Paris-Melbourne est d'environ 17000 kilomètres et que le son se déplace à la vitesse de 340 mètres par seconde, combien de temps a-t-il fallu à la french touch pour arriver en Australie ? Treize heures, vous dites-vous naturellement. Pourtant, dans cette région reculée du globe, on vibre depuis seulement quelques mois au son de nos chères boucles filtrées, comme si de rien n’était. Comme si, par exemple, Stardust n’avait jamais mordu la poussière. Comme si les robots n’avaient jamais pété les boulons. Comme si la pop rétrofuturiste était toujours plus futuriste que rétro, justement. Midnight Juggernauts, c’est un peu toute l’utopie de 1998 condensée dans un album qui sort en 2008. Sauf que ledit album s’intitule Dystopia. Et qu’on y entend plutôt la France d’après. D’ailleurs, le second morceau ne s’intitule-t-il pas Ending Of An Era ? Oui, mais alors pour mieux recommencer. S'il faut tout reprendre à zéro, alors autant faire des tubes intergalactiques comme Into The Galaxy. Autant que 10 000 Hz Legend (2001) de Air prenne tout de suite un Midnight Express vers l'éternité (Dystopia), au lieu d'attendre des années sur le quai qu'un monde sourd à ses avances (ses avancées ?) ne daigne retrouver l'ouïe. Avec le single Shadows, les ambitions du trio ne font pas l'ombre d'un doute : la Liquidation Totale aura lieu sur le dancefloor, de préférence dans une marée de sueur. On galvanisera les foules avec un mégaphone vocodorisé (Tombstone). On invitera tous les fluokids pour mieux les repeindre en noir. Il y aura de l'amertume dans les montées acides (Road To Recovery, Nine Lives). On rendra impunément Justice à Jean-Michel Jarre (So Many Frequencies). Pour cela, il aura fallu dix ans. Preuve que la musique n'est pas une science(-fiction) exacte, et par la même occasion, que celle de Midnight Juggernauts échappe assurément à tout calcul.
Faustine Kopiejwski
article extrait de :
MAGIC RPM #119
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