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The Trials Of Van Occupanther
archive mag juin 2006
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On n'a cessé de le dire et de le répéter : Grandaddy aurait dû splitter après la parution de The Sophtware Slump, le meilleur album postbug de l'an 2000. Mais Jason Lytle et les siens ont tenté, quitte à s'entêter, de dépasser ce chef- d'oeuvre absolu. En vain. Il y a deux ans, le premier album de Midlake faisait du combo texan le concurrent le plus sérieux pour la bande de Modesto. Le successeur attendu de Bamnan And Slivercork, véritable concentré de psychédélisme contemplatif, dépasse toutes les espérances et fait figure de pendant idéal à... The Sophtware Slump. Ou comment un groupe mineur devient majeur. Dès l'introductif Roscoe, dont les premiers accords rappellent étrangement Fais-Moi Une Place de Julien Clerc (sic), le quintette de Denton démontre un niveau de jeu de classe mondiale, à travers cette sélection de onze chansons (sans le moindre titre suppléant). Avec sa voix à tutoyer les anges et envoûter les sirènes, autrement dit un mélange de minéralité aérienne, Tim Smith, leader timide mais compositeur affranchi, fait mouche sans coup férir. Exemplaire, l'introduction de Bandits mêle des accords d'une guitare cristalline à des notes d'un clavier qui finit par sonner West Coast. Difficile d'y résister... Sur Head Home, Neil Young joue avec Fleetwood Mac sous les auspices du fantôme de Jack Nitzsche. Imparable, sinon tubes- que, le refrain ouvre la voie à une chevauchée fantastique d'une guitare bavarde, mais jamais verbeuse, échappée du Crazy Horse alors qu'une constellation vocale brille de mille feux. Au Clair De La Lune ou éclair de génie, cette troisième plage figure peut-être la quintessence de The Trials Of Van Occupanther. À ce propos, la chanson qui suit, Van Occupanther, déploie sa force tranquille, moins à la façon mitterrandienne qu'à la manière d'un sportif faussement nonchalant. Au mitan de l'album, le single Young Bride convoque un violon introductif, avant que la section rythmique conduite par Paul Alexander et Mckenzie Smith ne s'emballe en un déluge mélodique. Après la tempête, le calme. Et Branches pourrait rendre follement jaloux Rufus Wainwright tant cette aubade ourlée ressemble, à s'y méprendre, à une ballade intemporelle. Avec le chatoyant In This Camp, Midlake démontre qu'il n'a pas son pareil pour écrire au gré d'une humeur cyclothymique, un adjectif qui rime ici avec mirifique. Si l'on songe à Mercury Rev sur We Gathered In Spring, c'est bien évidemment à celui de Deserter's Song (1998), le meilleur album de Pink Floyd. Probable deuxième single, l'antépénultième It Covers The Hillsides dit tout dans les trois minutes (et quelque) d'une pop song apprise en choeur, mais jamais récitée par coeur, dans How To Write A Hit Song. Les deux derniers titres (Chasing After Deer et le bien nommé You Never Arrived), difficiles à dissocier par leur relative brièveté, semblent vouloir nous raccompagner jusqu'à la porte de Midlake, groupe texan qui s'est nourri de ses influences pour mieux les dépasser. Ça vous en Bush un coin ?
FRANCK VERGEADE
article extrait de :
MAGIC RPM #101
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