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Compte-rendu live - 15/11/10 de Midlake

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Jason Lytle a éclairé la performance de Midlake lors du festival Les Inrocks Black XS, comme un renvoi d'ascenceur de la part des héritiers lointains au boss de la pop stellaire. C'était il y a plus d'une semaine, certes, mais il fallait bien quelques jours pour digérer cette affaire à double détente, une volée de mots pour la décrire, et une vidéo pour s'en rappeler encore. [Compte-rendu Catherine Guesde].

Bercés par la voix enveloppante de Victoria Legrand, à demi ensommeillés dans le sauna généré par les mélodies éthérées de Beach House, on attend de Midlake qu'il nous offre un réveil tout en émerveillements. Les troubadours texans ont bien sorti deux derniers albums tissés d'entrelacs orchestraux et rehaussés d'un héroïsme chevaleresque. Alors pourquoi ne pas espérer un feu d'artifice pour cette tête d'affiche ? Tout simplement parce que la bande de barbus a décidé de verser dans le complaisant, ce soir-là. À la rigueur propre à leurs enregistrements, les gaillards semblent préférer une litanie pleurnicharde. Du coup, dès l'ouverture, l'équilibre parfait de Acts Of Man et Winter Dies se voit ruiné par le chant grandiloquent d'un Tim Smith qui emprunte ses trémolos à un mélodrame de basse facture. On le voit aux œillades que se jettent les Texans entre deux notes et à l'expression affligée des chanteurs : le set se veut émouvant, somptueux, grandiose. Il est calibré pour nous arracher une petite larme. Malheureusement, ce sont plutôt les bâillements qui surgissent lorsque des perles de folk automnal telles que Young Bride ou Head Home se trouvent diluées dans un rythme lénifiant, édulcorées avec une flûte traversière dont la véritable place aurait été dans la BO d'un Walt Disney.



Vraiment, les gueules d'ange barbues en font mille fois trop, à tel point qu'on rêve de noyer l'ennui dans l'alcool plutôt que de subir cette comédie. Vers la fin, Roscoe tiendrait presque la route s'il n'était pas gâché par trop de fioritures écœurantes, et par ce chant toujours surfait. Une intuition se confirme, à l'écoute de ces arrangements qui dégoulinent de sentimentalité : la retenue et la sobriété sont sans doute ce qui rend le mieux justice aux émotions. Et si en art, tout est question de mesure, il faut constater que les Texans ont eu la main lourde sur le sirupeux. Il fallait bien une surprise proportionnelle à notre déception pour rattraper ce fiasco, et c'est un peu ce qu'apporte Jason Lytle, lorsqu'il débarque, aviné et bondissant, pour entonner l'hymne de Grandaddy. Festif et nostalgique, ludique et déchirant, A.M.180 est repris en chœur par une Cigale chauffée à bloc, et trottera dans les têtes pendant quelques jours encore. On tenait sans doute là le meilleur moment du set de Midlake.

Catherine Guesde


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