Un premier album qui le classait facilement comme un Louise Attaque foutraque, un deuxième déjà plus ambitieux autour de la guitare acoustique, de claviers lo-fi, de la diction et du traitement de la voix particulière de Mickaël Furnon (cette façon de cutter la fin des mots)... Un sens du texte aux fausses naïvetés et à la vraie humanité, qui sentent le quotidien, la campagne, la petite ville, et les minuscules destins, sans folklore ni mièvrerie. C'est dans la chronique du minuscule que Mickey 3D excelle, devenant plus gênant dans ses révoltes plus globales. Hormis le choix du single, Respire, tentative moyenne de folk rap écolo, ce troisième essai est une nouvelle étape attendue dans l'évolution, non pas éclatante, mais constante du trio. L'espace sonore s'élargit et s'enrichit de façon conséquente (les synthés de La Peur sont carrément amples), sans perdre l'impression de dépouillement qui fait son charme. Les tentatives musicales se multiplient elles aussi, autour d'un noyau électronico-folk qui ne ferme pas un style, mais n'est que le moyen d'aborder un vaste éventail de possibilités autour du chant qui, seul, fait l'identité de Mickey 3D. L'écriture conserve d'ailleurs tous ses défauts et ses qualités : un discours sans fioriture, sans effet poétique forcé, qui n'échappe pas à quelques militances faciles et autres maladresses triviales. Les textes plus personnels, dont ceux qui évoquent ses angoisses d'enfant (Demain Finira Bien ?, La Peur), la nature (La Vallée) et la fable amoureuse naïve (ça M'Étonne Pas chanté en duo avec la claviériste Najah El Mahmoud), sont forcément les meilleurs. Parfois, on sent que Mickey 3D se verrait bien en pourfendeur sonore d'injustices, comme ce Beauseigne contre l'exploitation des enfants (encore) qui donnera bonne conscience à tout le monde. Ce qui indique clairement que Mickey 3D appartient aussi au monde de la chanson qui écrit des mots pour Indochine (J'Ai Demandé À La Lune), avec le succès que l'on sait.