Il ne fait pas bon traîner dans la France de Mickey 3D. Ces Stéphanois à la langue verte et aux mots bleus s'étaient fait connaître l'année dernière par une chanson bien de chez nous : "La France a peur/Tous les soirs à 20 heures..." Une mélodie bout de ficelle assortie à unsondebasse fidélité, une voix proche sur un texte bien senti... Sur le terrain de jeux de Louise Attaque (rock français avec une sensibilité), Mickey 3D présentait déjà un beau potentiel, comme disent les directeurs artistiques. Avec ce second album, le trio refuse le surplace et passe directement des promesses au plébiscite. Cette Trève fut, on le sent, remarquablement pensée, travaillée, retournée dans tous les sens et combattue sans aucun doute. Au final, Mickey peut bomber le torse : grand groupe à l'humanisme palpable, grand disque à la sensibilité exacerbée. Quand paroles et musiques s'accordent ainsi et se lient d'amitié, c'est une victoire pour la pop française. Mélodies parfaites et accrocheuses (Regarde Les Amants, 2/3 Jours à Paris, Jeudi Pop Pop, Méfie-Toi...), sujets éminemment casse-gueule : qui ose aujourd'hui en France une chanson sur Jean Moulin et la Résistance ? Qui pratique la sensibilité avec autant de tact en parlant de sa grand-mère ? Ces chansons-là, Mickey 3D les envoie sans esbroufe ni circonvolutions inutiles comme le font les gens honnêtes (Miossec, Les Têtes Raides) et cela fait du bien. De ces quatorze chansons, peu restent sur le carreau (peut-être Stories et son anglais peu convaincant ou L'Homme Qui Suivait Les Nuages, le seul titre qui cherche midi à quatorze heures), mais toutes partent au combat la tête haute. Voilà au moins une souris qui aura accouché d'une montagne. Pour les municipales, votez Mickey.