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Nouvelle signature de l'exigeant label berlinois Monika Enterprise aux côtés de Contriva, Barbara Morgenstern, Robert Lippok et Cobra Killer, le premier album de Michaela Melià¡n pourrait passer complètement inaperçu, noyé au milieu d'une production electronica où il est de plus en plus ardu de différencier le bon grain de l'ivraie, le coup de bluff du coup de génie. D'une simplicité déroutante, Baden-Baden applique à  la musique le concept très cinématographique du plan séquence : pas de collages intempestifs ni de crissements gratuits, mais des compositions en ligne droite épurée qui prennent le temps de nous envelopper pour devenir obsédantes. Malgré son talent certain de multi-instrumentiste (guitare, violoncelle, basse, accordéon, clavier...), Melià¡n évite toujours la surcharge en reléguant à  l'arrière-plan des mélodies bouleversantes pour leur préférer la présence d'un beat puissant et minimal. Avec certains titres avoisinant les dix minutes (dont les sublimes Strasse et Baden-Baden), cette électronicienne pas comme les autres se situe dans un espace-temps indéfini entre les pionniers Kraftwerk et les architectes sonores de Rechenzentrum. Puis le disque s'achève sur une reprise de A Song For Europe de Roxy Music, ultime chant du cygne hanté par l'ange noir Nico et dernier coup de théâtre de cet enthousiasmant trompe-l'oeil.
Thomas Bartel
MAGIC RPM  #86
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