Auréolé d’une
gloire toute confidentielle auprès des amateurs de folk ténébreux et de
perdants magnifiques, Micah P. Hinson s’autorise un petit plaisir solitaire en
guise de quatrième (très) long format : un double album de reprises. Peu
ont la puissance déchirante des compositions du jeune homme, quelle que soit la
formule choisie (épure acoustique sur le premier volume, densité charbonneuse
sur le second).
Grave et traînante, la voix très particulière de Micah P. Hinson est une arme à double tranchant, parfois touchante mais souvent irritante, posée avec une certaine désinvolture sur des relectures scolaires de morceaux piochés dans un vaste répertoire folk et pop. Ses versions de The Times They Are A Changin’ (Bob Dylan) ou Suzanne (Leonard Cohen) sont d’une platitude désolante. On connaît un peu le parcours chaotique de l’Américain et on imagine qu’il a particulièrement investi My Way mais ses dérapages vocaux y hérissent le poil. L’immense Slow And Steady est réussie mais en tout point calquée sur la version originale de Pedro The Lion. Même chose pour This Old Guitar de John Denver.
Le chant de Hinson produit sur la longueur un effet de monotonie grisâtre, que seule une instrumentation un peu ample et aventureuse permet de contourner, comme sur Runnin’ Scared (Roy Orbison) qui passe insensiblement d’une rythmique martiale à une valse désœuvrée avec cordes sinueuses. Are You Lonesome Tonight? noie son chagrin dans les effluves de claviers fantomatiques. Une version liquide et hypnotique de While My Guitar Gently Weeps (The Beatles) clôt en beauté un diptyque flemmard et complaisant qui n’apporte rien à personne.
Grave et traînante, la voix très particulière de Micah P. Hinson est une arme à double tranchant, parfois touchante mais souvent irritante, posée avec une certaine désinvolture sur des relectures scolaires de morceaux piochés dans un vaste répertoire folk et pop. Ses versions de The Times They Are A Changin’ (Bob Dylan) ou Suzanne (Leonard Cohen) sont d’une platitude désolante. On connaît un peu le parcours chaotique de l’Américain et on imagine qu’il a particulièrement investi My Way mais ses dérapages vocaux y hérissent le poil. L’immense Slow And Steady est réussie mais en tout point calquée sur la version originale de Pedro The Lion. Même chose pour This Old Guitar de John Denver.
Le chant de Hinson produit sur la longueur un effet de monotonie grisâtre, que seule une instrumentation un peu ample et aventureuse permet de contourner, comme sur Runnin’ Scared (Roy Orbison) qui passe insensiblement d’une rythmique martiale à une valse désœuvrée avec cordes sinueuses. Are You Lonesome Tonight? noie son chagrin dans les effluves de claviers fantomatiques. Une version liquide et hypnotique de While My Guitar Gently Weeps (The Beatles) clôt en beauté un diptyque flemmard et complaisant qui n’apporte rien à personne.