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On pense immédiatement à Pianosaurus à l’écoute de Jewellery. Rapide cours d’histoire à l’usage des jeunes générations : Pianosaurus était un groupe new-yorkais dont l’unique album, Groovy Neighborood (1987), fut édité ici par New Rose et qui était uniquement joué avec des intruments-jouets. Considéré comme une amusante curiosité à l’époque, le disque est depuis devenu totalement culte, au point que la famille Coppola en a utilisé un morceau pour son volet du film New York Stories (1989).

Anglaise de vingt et un ans, Micachu n’a probablement jamais écouté l’album précité, mais elle a déjà tout compris à l’esprit ludique et déchaîné de cette pop anormale, affranchie, régressive et frondeuse. En sus de Pianosaurus, on pense également à tous ces génies plus ou moins inconscients qui, de Jad Fair (Half Japanese) aux Shaggs en passant par The Slits ou Jonathan Richman, ont réussi à faire sauter les verrous rouillés du rock, par manque de moyens, d’habileté instrumentale ou simple envie d’en découdre.

Cela dit, Micachu ne ressemble presqu’en rien à ces glorieux ancêtres, ni à ses consœurs riot grrrls qu’elle fait passer pour des vieillardes. Elle en est à la fois l’héritière et l’affranchie car définitivement moderne (c’est Matthew Herbert qui l’a découverte) et inclassable. En réinventant ses instruments et son propre langage, Micachu est définitivement punk. Dans le (bon) sens, minimaliste et inventif, du terme.
Etienne Greib
MAGIC RPM  #130


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