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Compte-rendu live - 24/03/10 de MGMT

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Deux semaines avant la sortie de son deuxième album déjà leakéfié, le duo superstar étrennait ses nouvelles aptitudes pop et scéniques sur le plancher du Trabendo hier soir, mardi 24 mars. Compte-rendu circonstancié par le sympathisant MGMT Vincent Théval.


Les secrets de Congratulations fraichement éventés par les petits saligauds de l’Internet, MGMT opérait hier soir un très attendu tour de chauffe dans l’intimité bétonnée du Trabendo (officiellement l’une des salles de concerts les plus absurdement conçues de l’histoire des salles de concerts). Avant les inévitables festivals estivaux et autres grandes jauges enthousiastes, c’était l’occasion rêvée d’offrir au groupe l’opportunité de racheter ses performances calamiteuses du temps où il était jeune et hype (il y a dix-huit mois). Le doute était permis au sceptique, puisque les musiciens à cheveux gras qui sagouinaient à l’époque les chansons du duo ont pris du galon pour s’incruster durablement sur disque comme sur scène. Ben Goldwasser et Andrew VanWyngarden aiment les présenter comme leur E-Street Band à eux, ce qui achève de flanquer la frousse. Que vont devenir les délicates chansons psychédéliques de Congratulations, d’ores et déjà l’une des plus belles surprises pop de l’année ? Les solos de guitare ont-ils été définitivement bannis du vocabulaire scénique de MGMT ou faut-il craindre un retour de flamme heavy metal ? Va-t-on bouffer de la pâtée pour chats ?

Avec un sérieux et une application inattendus, le groupe apporte des réponses rassurantes à ces terrib’ questions. Au diapason d’un look sombre et sobre (Andrew porte une très chic veste grise à gros carreaux), les américains délivrent un set enlevé et concis, coupant court à tout bavardage inutile. Pas hype, pas fun, MGMT avance méthodiquement ses arguments : treize chansons en à peine une heure et dix minutes (dont seulement cinq issues d’Oracular Spectacular) pour prouver qu’il est passé du côté obscur de la force, voire dans le club des grands. Inutile de s’embarrasser de politesses convenues, le groupe envoie directement la sauce avec le single Flash Delirium, The Youth et It’s Working, triplette gagnante portée par un son dégraissé, avec basse bondissante, batterie placide, guitares parfaitement affutées et claviers virevoltants. Les chœurs tentent de camoufler la vérité nue : Andrew a une voix riquiqui, parfois évaporée dans les infrasons et perdue pour l’oreille humaine. Mais il est beau et timide, ce qui n’est pas rien. Le cheveux bouclé et savamment hirsute, il évoque irrésistiblement le jeune Dylan diaphane d’autrefois (la comparaison prend tout son sens en fin de concert sur un très folk Pieces Of What pincé du nez).

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Pas encore intime de Congratulations, le public fait un triomphe aux tubes attendus, et plus particulièrement à une version funky en diable d’Electric Feel. En intercalant des vieux morceaux parmi ses merveilles toutes neuves, MGMT souligne intelligemment la cohérence de son répertoire et s’affirme enfin comme un vrai groupe de scène. Encore un peu scolaire et appliqué mais diablement séduisant. La bonne nouvelle, c’est que ce sont les nouveaux morceaux qui emballent le plus ce soir, et notamment l’immense Siberian Breaks, dont le groupe restitue avec grâce les douze minutes labyrinthiques, sans jamais ne serait-ce que flirter avec l’ombre du rock progressif. Tout au contraire est placé sous la lumière acide d’une pop psychédélique tantôt délicate, tantôt déchaînée (Brian Eno et les jeunes gens de la fosse gigotent dans tous les sens). Le rappel calme les esprits, avec des versions enveloppantes de Someone’s Missing et de la magnifique Congratulations. L’impensable s’est produit : MGMT a snobé son hit planétaire Kids et on n’est même pas déçus. Spéciale dédicace à Xavier Bertrand : tu peux la garder pour les meetings de l’UMP, ta chanson pour jeunes.

Setlistage du concert :

Flash Delirium
The Youth
It's Working
Song For Dan Treacy
Weekend Wars
I Found A Whistle
Electric Feel
Siberian Breaks
Time To Pretend
Pieces Of What
Brian Eno

Someone's Missing
Congratulations
Vincent Théval.


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