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Oracular Spectacular de MGMT

chronique d'album

Ces temps-ci, un peu comme on tire ses dernières cartouches, les antennes françaises des majors internationales éditent tour à tour les premiers albums de groupes habituellement confinés aux labels indés ou à une sortie strictement anglo-saxonne (marché français d’une consternante santé oblige). Après le post-math-punk-rock de Foals chez Warner le mois dernier, et en attendant le rouleau compresseur Black Kids chez Universal, SonyBMG sort aujourd’hui de son chapeau MGMT (prononcez Management). Soit le duo américain Andrew Van Wyngarden (prononcez Van Wyn) et Ben Goldwasser (prononcez normalement), deux gentils chatons complètement camés pour lesquels on adorerait jouer le rôle de la pelote de laine dans leur panier en osier douillet où ils s’amuseraient comme des petits fous. D’autant qu’on inviterait l’autre chaton Panda Bear dans le panier aussi… Bref, comme souvent chez les musiciens drogués, ce n’est pas dans leur discours erratique de branleurs un peu débiles qu’il faudra chercher un quelconque intérêt, mais bien dans leur seule musique, qui charrie de facto des effluves psychédéliques d’un autre âge. D’âge et d’époque, il est en question tout au long de Oracular Spectacular. Celui de la déraison d’abord, comme fantasmé par les deux compères sur l’inaugural Time To Pretend. Sexe, thunes, pouffes, drogue et électronique débraillée, voilà à peu près le programme étayé sur ce premier single.

Un leitmotiv hurlant de synthétiseur en guise d’appât sonique, un refrain à la nostalgie touchante, une batterie jouée avec les bras de Titan et un vrombissement sourd au groove gargantuesque… Difficile de ne pas gigoter l’échine devant l’exubérance déployée par ce tube immédiat. Puis, le chant ancestral de Van Wyn fige l’attention en surgissant d’ailleurs. Du fin fond de l’âge d’or britannique peut-être, tel le Mick Jagger à la sensualité incisive des débuts. Weekend Wars et son air musical accélérateur font ainsi œuvre de prodige, parvenant à tisser un lien improbable entre le psychédélisme printanier de l’Incredible String Band, le lyrisme intoxiqué des Flaming Lips et le boogie woogie charnel de T. Rex.

Par extension, entre prog-rock ampoulé, pop à l’évidence braillarde, acoustique aveuglante et électricité parasitée, electro putassière et excentricité glam, ce premier effort fomente un fatras sonore difficilement pénétrable mais duquel ressort des mélodies éclairées. Comme celle qui dirige aux destinées The Youth, slow imparable qui liquéfie le romantisme jusqu’à ce qu’il ne soit plus que cyprine. Ou celle de Electric Feel, et sa basse “fonky” doublée d’un falsetto twisté qui endiablent avec minutie. Moins précieux mais grandement dévastateur est l’hymne discoïde Kids. Capable de mitrailler les vertèbres avec sa rythmique démesurée et sa résonance digitale qui ondule, puis de s’attacher notre estime par un chant à la mélancolie vibrante, et toujours ce charmant leitmotiv synthétique addictif. Ces Kids sont en quelque sorte les petits frères de Time To Pretend, là où, un peu plus loin, Pieces Of What se révèle être le cadet de Weekend Wars. Et quand les tambourinements de l’incantatoire 4th Dimensional Transition, avec son final en dérive acoustique, rappellent les accointances opiacées et hippies de MGMT, les nappes digitales et les synthés crépitant d’excitation de The Handshake ou Future Reflections déclenchent à nouveau les flammèches cosmiques qui gravitent dans les esprits interlopes du couple de Brooklyn.

Et s’il serait justement aisé de comparer ce duo mis en son par Dave Fridmann aux autres formations à la musicalité interstellaire que le routier des studios a déjà enluminées (The Flaming Lips, Mercury Rev et compagnie), on retrouve chez MGMT une fraîcheur et une mégalomanie nouvelles à l’heure de recycler les influences, n’hésitant pas à piocher leur inspiration aux limites du mauvais goût. Cette propension au chic, à l'extravagance et aux reflets glam les rapprocheraient ainsi plutôt de Evangelicals et de leur très récent The Evening Descends, que de leurs aînés plus anciens. Une lame de strass sillonne donc actuellement la pop américaine. Et en attendant les dérives maniérées et épuisantes que ce genre est capable d’engendrer, pour l’instant, c’est plutôt CHTT (prononcez chouette).

Jean-Francois Le Puil
MAGIC RPM  #120


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Blake - 29/01/2010 20:24
C'est juste pour RÉAGIR, chers rédacteurs de Magic. ...Certainement de manière puérile et exagérée (à la relecture de ma propre prose, j'avoue avoir été bien excessif.. ) Or, on sait bien que "tout ce qui est excessif est insignifiant". Alors, traitez-moi d'insignifiant, je le mérite bien sur ce coup-là. Mais, même si Internet favorise trop souvent, je l'avoue, ce genre de réaction agressive limite primaire, si vous ouvrez des espaces de commentaire, acceptez que, parfois, vos lecteurs occasionnels aillent vous chercher des poux dans la tête... Et apprécieraient des articles moins ampoulés dans le ton et dans la forme. À part ça, ça tient toujours bien le coup leur "Oracular..." aux p'tits (drogués, vraiment ? ) de MGMT. J'espère un papier tout aussi "brillant" sur leur second, même si immanquablement décevant, évidemment... J'espère avoir été assez urbain cette fois, moi qui vous fais perdre un temps si précieux, insignifiant que je suis....
magicrpm - 07/01/2010 20:06
Waow, quelle bile assassine. Mais pourquoi vous faire autant de mal en nous visitant si ça fait quinze ans qu'on vous horripile ? J'ai toujours eu du mal à comprendre la motivation des donneurs de leçons dans votre genre. Lorsque j'étais lecteur, c'était déjà le cas, et ça l'est encore plus depuis que je fais partie de la cible.

Par ailleurs, en six mots ("sur ce déjà classique de MGMT"), je vous trouve mille fois plus ronflant et prétentieux que tous les signes de cette chronique. Sans parler du caractère antipathique ("vous seriez déjà morts"....) et rebattu de votre propos. Comme quoi, nous ne sommes vraiment pas fait pour nous entendre.

Jean-François.
Blake - 07/01/2010 19:17
Mon Dieu, à vous relire bien longtemps après, que cet article est sur-écrit, plein d'un vocabulaire ronflant et emphatique ! Pour faire écho à la surproduction géniale de Dave Fridmann sur ce déja classique des MGMT ? Je pencherai plutôt pour une pédanterie langagière et syntaxique dont vos chroniqueurs, à Magic, sont coutumiers. Magic ou le comble de l'ex- fanzine indie branchouille, prétentiard, snob et illisible... Heureusement que le ridicule ne tue pas, sinon, vous seriez déjà morts...